9 Mois d’Allaitement…

Dans quelques jours, cela fera 9 mois que j’allaite mon fils.

9 mois d’allaitement exclusif. Magique et angoissant à la fois. Facile et difficile. Heureux et malheureux…
Et quand je dis “exclusif”, ce n’est pas juste que je n’ai pas fait du mixte en donnant du lait en poudre, non. Mon fils ne mange/boit que mon lait. Il n’accepte aucune autre nourriture. A part un petit bout de pain pour le mâcher de temps à autre, et il y a deux jours un morceau de carotte.

Ça ne me dérange pas. L’allaitement est naturel pour moi. Je ne me voyais pas faire sans. Ni autrement.

Et en cela, au début ce fut très dur.

Pour vous rappeler, mon fils est né par déclenchement et finalement césarienne en urgence, car il avait un RCIU (Retard de Croissance Intra Utérin). Il est né à terme, enfin deux semaines avant la DPA (Date Prévue d’Accouchement) à 46 cm pour 2.6kg.

Un petit poids donc qui faisait frémir les médecins et sages femmes de ma maternité. Comme on me l’a dit “à 100 g près (2.5kg quoi) on vous transférait en unité Kangourou (synonyme “chez les prémas”)”.

Du coup, l’allaitement était devenu mon leitmotiv. Je n’avais peut-être pas réussi à nourrir suffisamment mon fils dans mon ventre mais je le nourrirais à l’extérieur.

Mais, j’ai mis trois long jours à avoir ma montée de lait. Entre les effets de la césarienne et tout, et mon fils n’avait pas forcément la force de téter. D’abord il tétait mal, car il me pinçait très fort les tétons. Mais je serrais les dents car je tenais absolument à l’allaiter, je savais que ça pouvait faire mal au début, donc je me fichais des crevasses, des tétons à moitié sanglants. Rien ne pouvait me faire dévier de mon envie d’allaiter.

Je sentais que c’était un besoin pour mon bébé.

Vous savez 90% de l’allaitement pour moi, ça se passe dans la tête. Comme pour un régime, ou pour faire du sport, courir un marathon…

Et puis il n’avait pas beaucoup de forces car mine de rien l’accouchement (ou le non accouchement, puisqu’on m’a ouverte pour le sortir, je n’ai pas vraiment accouché et je ne l’ai pas “mis au monde” on l’a fait pour moi, mais j’en parlerais dans un autre article) et surtout mes 26H de travail dopés à l’ocytocine (déclenchement hein!) puis la péridurale avait certainement du le mettre KO et en sommeil.

Quelle douleur pour moi que de voir les sage femmes le mettre tout nu et le frictionner pour le réveiller.
Et puis comme il perdait du poids (210g) on me parlait de lui donner des “compléments”.

Tu sais, lecteur, les compléments pour moi, c’était le début de l’engrenage maléfique, le cercle vicieux qui débutait. S’il prend le complément, il n’aura pas faim et ne tétera pas mon sein, s’il ne tète pas mon sein, je ne produirais pas de lait, si je ne produit pas de lait, il aura encore des compléments, ainsi de suite et pas d’allaitement.

A aucun moment on ne m’a proposé d’essayer de tirer mon lait pour lui donner en complément. Non ils débattaient de savoir s’ils lui donnaient le lait spécial préma, ou le lait normal. Il est né le dimanche en début d’après midi, on était le mardi soir. A aucun moment on ne m’a dit que deux ou trois jours pour la montée de lait c’était plus que normal.
En bonne primipare, (et pourtant j’étais renseignée sur le sujet) je me suis laissée faire et j’ai dit oui, la peur au ventre.

Peur qu’il n’accepte plus mon sein, peur de ne plus avoir de lait, peur de foirer mon allaitement, peur de ne pas construire cette relation magique entre moi et mon tout petit.

Bon, je ne vais pas vous le cacher, il a rejeté tout le complément.

En y repensant, je me demande si ce n’était pas là, le premier signe de son APLV (j’en parle ici) et de son RGO.

Mais il a ensuite tété avec plus de force et mes tétons endurcis à la lanoline, ont suivi le rythme.

Le lendemain matin tôt le mercredi donc deux jours et demi après la naissance, j’avais une montée de lait monstrueuse. Il aurait suffit de quelques heures d’attente. Quelques heures seulement.

Je ne cacherais pas que j’ai eu mal pendant une semaine environ.

Je ne cacherais pas que j’ai encore peur aujourd’hui.

J’ai eu des hauts et des bas avec l’allaitement. Je suis très heureuse d’allaiter mais il y a eu des nuits ou j’en avais marre d’être la seule réveillée, marre de me faire tripoter le téton ou être griffée/pincée.
Marre de devoir tout le temps lui remettre le sein en bouche.
Marre de rester des heures coincée au lit avec mon pot de colle, qui ne dormait pas s’il ne tétouillait pas h-24.
Marre surtout SURTOUT des réflexions des gens qui te disent de te “détacher” de ton bébé, que s’il était au biberon il aurait une tétine et que je pourrais faire ce qu’il me plait.
Oui c’est vrai j’en ai eu marre.

Mais ça ne dure que quelques minutes, une heure ou deux en tout et puis je repars pour des semaines sans aucun doute sur ma volonté de continuer l’allaitement.

On a tous des moments démotivants. Une nuit difficile et tout de suite “il ne mange peut-être plus assez”?

Bien sur ce stress durant l’allaitement est en grande partie issu de mes peurs profondes :

Vais-je créer une bonne relation avec lui?

Suis-je une bonne mère

Est-ce que j’en fais assez pour lui?

Ne pourrais-je pas faire mieux/plus?

Il est également issu du non-soutien de l’entourage (exception faite de mon homme et quelques autres personnes qui m’ont toujours soutenue), ce non-soutien étant principalement dû à la jalousie (même involontaire et inconsciente) et à l’IGNORANCE.

L’ignorance des gens qui de toute façons même avec l’explication n’iront pas chercher plus loin et inévitablement reviendront poser les mêmes questions, car ils ne cherchent pas à comprendre mais cherchent à s’opposer à l’allaitement, consciemment ou inconsciemment.

Cet état d’esprit est ce qui favorise le plus l’abandon de l’allaitement.

Le soutien familial est IMPORTANT.
Allaiter CE N’EST PAS facile.

Bien sûr nous sommes faites pour ça, car nous avons des mamelles et voila. Mais nous ne sommes plus à l’état de nature. La société pose un poids sur nous les femmes. Nous devons être belles, intelligentes, travailler comme les hommes, gagner moins et nous taire (je m’éloigne du sujet là…) nous occuper des enfants, de la maison. Nous ne sommes pas uniquement concentrées sur notre progéniture. D’où la difficulté pour certaines d’allaiter, voir même d’avoir envie d’allaiter.
Le soutien de l’entourage est donc primordial.

Ceci n’est pas un post pro-allaitement, je ne le répéterais jamais assez chacun fait ce qu’il veut et si on gardait ça en tête plus souvent tout irait beaucoup mieux dans le monde hein.

Bref, je pensais allaiter six mois au moins puis alterner avec la nourriture solide.

Puis voyant que mon fils n’était pas du tout prêt à manger et l’allaitement ayant pris une telle place dans mon cœur, nous avons continué. Mon envie de six mois s’est muée en un an, et maintenant que nous approchons les un an, cela se mue en deux ans (ou quand il souhaitera arrêter).

Je ne sais donc pas comment, ni quand j’arrêterais d’allaiter.
J’espère juste que je n’aurais pas à aller au bout de moi même pour continuer.

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